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mercredi, mai 08, 2002

désormais,
j'habite ici

mardi, mai 07, 2002

LE BLOG PRESIDENTIEL EST MORT,
VIVE LE BLOG!!

et parce que le monde ne s'arrête pas, parce que j'y ai pris goût (les salauds! ils m'ont eue!),

parce que j'aimerais parler plus de Pim Fortuyn ou des législatives, mais également de choses plus triviales (ben oui!)

et parce qu'au pays des blogs tout le monde est si gentils...

alors je reviendrai,
demain si vous le voulez bien,
avec un nouveau décor.

lundi, mai 06, 2002

Ouf!
même si je savais que Le Pen n'allait jamais être élu, je l'avoue, dans les derniers instants, j'ai douté. oui, au sens biblique du terme.
il faut dire qu'au lieu d'être scotchée devant TF1, je m'étais promenée toute l'après-midi dans les délicieux jardins de Kew. les clochettes, le bois qui craque sous le vent, tout ça m'avait fait oublier un instant l'enjeu des élections. Ah oui! d'autant plus que je comptais sur mon mandataire pour voter pour moi, malheureusement j'ai appris à la dernière minute que bien que le mandataire ait reçu ma procuration, la mairie ne l'avait pas. sûrement quelque part à jouer les tapis de souris.

bref. donc je m'étais dit, "tranquille, je vais voir la grosse fleur qui pue et je rentre à 19h pile pour les résultats" (et oui, une heure de décalage).
je n'avais pas compté sur les retards de train, si bien que je me suis retrouvée à 19h pile à la sortie de métro, avec 10mn de course échevelée devant moi.

j'ai donc commencé à courir. va savoir pourquoi, à défaut d'avoir pu voter, je me suis dit qu'au moins je pouvais être à l'heure pour les résultats. comme je n'avait même pas réussi à être à l'heure, et bien j'allais courir. oui c'est ça, courir pour la france.
j'ai donc couru très vite. comme je n'avais rien mangé de la journée, la tête commençait à me tourner, mais toujours plus vite les dalles inégales défilaient sous mes pas.
voilà, c'est ma faute, parce que je ne suis pas arrivée à temps pour les résultats, Le Pen est élu, la guerre civile a commencé. et moi je cours dans cette banlieue déserte. les premiers coups de feu sont tirés, ils emportent ma mère loin de sa maison, mes amis se font tirer comme des lapins. ah! mais moi je cours! en rentrant, je vais m'habiller tout de noir, avec plein de khol et de rimmel, et je serais très belle devant l'ambassade, et tous les français de londres se joindront à moi et nous prendrons les armes. je n'aurais jamais dû arriver en retard. je suis toujours en retard. tout est de ma faute.

maintenant je marche très doucement. tout est très calme, c'est normal, avant la tempête. combien de temps va-t-elle prendre pour voyager des côtes françaises jusqu'ici? ah! je vois le vent qui se lève. je pleure d'épuisement.

en rentrant, je claque la porte sur mon flatmate et ses potes hippies. l'instant d'une seconde, le temps de penser "hippies bien sûr. de la philosophie, ils n'auront retenu que les ecstas. pour le reste, ils s'exclameront devant la télé "i don't know anything about french politics, but at least, jean-marie lepen says out loud what everybody really thinks!" ..."dis tout haut ce que les français pensent tout bas..." mais c'est qu'il aurait pu être chef de campagne dans les années 80 ce gaillard!"

je suis dans ma chambre. Europe 1. les journalistes ne hurlent pas?
c'est bon.
c'est bon.
c'est bon.




dimanche, mai 05, 2002

estimation 20h: Chirac 82,5% - Le Pen 17,5%

vendredi, mai 03, 2002

Ca y est!
j'ai voté!
retardataire comme d'habitude, dernière dans le bureau de vote.
si en France on pense à voter avec des gants et une pince à linge, en grande-bretagne on vote les yeux fermés. effectivement, l'envoi des déclarations des candidats par la Poste, ils ne connaissent pas.
il faut donc faire les recherches soi-même, je suppose aller de bureau de campagne en bureau de campagne, demander une entrevue avec les candidats, pour leur demander ce qu'ils font dans la vie. passe encore pour les "general elections", parce qu'a priori, tout le monde aura entendu parler de Tony Blair ou de Iain Duncan Smith.
mais les élections locales, qui sait la différence entre les 4 candidats travaillistes et les 5 candidats conservateurs, + les indépendants?

hier, j'ai donc voté en choisissant le nom qui semblait le plus joli. malheureusement cet exercice de style m'a mise en colère plus qu'autre chose, c'est ça qu'ils appellent la démocratie? une démocratie sans informations ne vaut rien. j'ai eu beau essayer d'expliquer aux deux volontaires en pull tricoté qu'en France nous avions un conseil constitutionnel et que l'état prenait en charge le coût de l'envoi des déclarations des candidats, mais je savais que je m'époumonais pour rien.
qu'ils ne s'étonnent pas après de la désaffection des bureaux de vote, ou du fait qu'un singe se soit fait élire battant ainsi les candidats travaillistes et conservateurs. (avec un programme incluant la distribution quotidienne de bananes aux enfants).

le BNP a remporté un succès limité mais significatif. l'ambition de ses leaders étant de devenir mainstream, j'attend de voir s'ils vont suivre l'exemple du FN et polir leur discours, afin de devenir, comme disait Chamberlain d'Hitler, des "gentlemen".


en attendant en France, la campagne se termine.
j'ai été un peu affligée du prospectus de campagne de Chirac, quelle fraîcheur, quelle inspiration!
A voir son discours de villepinte, j'ai effectivement compris le problème: peut-être ces gens devraient faire des stages de poésie. Le discours, je n'ai pas tout lu, je me suis découragée après "Ce signal, c'est à vous, dimanche, de le donner ! Contre l’indifférence. Contre le scepticisme. Contre le désenchantement, l’inaction et l’impuissance publique. Pour redonner tout son sens à notre vie démocratique. Pour placer l’action au cœur du pacte républicain. Pour remettre l’Etat au service de chaque Français. Dimanche prochain, l’avenir de la France vous appartient."
Ca, c'était 1% du discours, beaucoup trop long, beaucoup trop langue de bois, typiquement français.
français à deux titres: 1) la langue française est moins directe et plus allégorique que l'anglais, soit.
2) mais en plus, la classe politique française se comporte en "establishment", avec sa propre langue, qui sans qu'il ne s'en aperçoive, est devenu un jargon de platitudes qu'il est le seul à comprendre.
le succès du discours de Le Pen est peu surprenant: c'est démago, mais au moins, tout le monde comprend!!

je m'inquiète de la vie après le 5 mai: Chirac lui-même parle de voter "contre l'indifférence, Contre le scepticisme. Contre le désenchantement, l’inaction et l’impuissance publique"
et on vote POUR quoi exactement?
c'est là que la créativité manque cruellement.
"Il ne suffit pas de proclamer des principes, d’invoquer les vertus civiques, d’affirmer des valeurs. Il faut les faire vivre. Il faut les incarner." dixit Chirac.
Les incarner???

le blog presidentiel touche à sa fin, et je suis plus inquiète que jamais.

A dimanche.






jeudi, mai 02, 2002

vite, vite, il faut que je sorte de ce bureau pour aller voter!
déjà?
eh oui, aujourd'hui ce sont les élections locales ici.
les résultats sont anxieusement attendus par le gouvernement, parce les anglais ont pris la sale manie de choisir ces élections pour voter pour l'opposition.
comme quoi, si la cohabitation était techniquement possible ici, elle ne serait peut-être pas une spécialité française.

pour Londres, le maire Ken Linvingstone est sur le fil du rasoir. si le parti travailliste perd seulement 2 sièges parmi les 32 "arrondissements" de la capitale, la ville bascule aux mains des conservateurs. le futur du GLA (Greater London Authority) et de sa politique des transports menée par Bob Kiley, (ex-agent de la CIA et réformateur du métro à New-York), se trouve en jeu.

Londres et plusieurs autres "councils" ne sont pas à l'abri du BNP, le British National Party.
le BNP s'est bien sûr réjoui des résultats du 1er tour en France, espérant qu'ils encourageraient les Anglais à en faire de même.
le BNP n'a jamais présenté autant de candidats, (68 en tout). personne ne croit que le BNP soit capable de gagner plus de 5 sièges aux élections locales. "ici, nous avons un cadre légal strict, une culture de plus en plus ouverte..."
oui oui oui, bien sûr, ça n'arrive qu'aux autres...

en attendant, je suis allée faire un tour sur le site du BNP, fascinant.
et hop! une manif bon enfant en tenue de templiers rigolote.
et hop là! la vérité sur l'anti-nazi league: tous des fils de bourges dont le front n'a jamais connu la sueur du travail manuel. des dégénérés qui (sic) veulent "légaliser la pédophilie" et qui "soutiennent les attentats à la bombe de l'IRA"

édifiant.

bon. fini la tête dans le sable. (bravo en passant à la fantastique initiative des "pantalons").
aux urnes!!


mercredi, mai 01, 2002

Voici le mois de Mai où les fleurs volent au vent...
si jolies mignonnes....

heureusement le soleil a fait une percée, histoire de donner un air de fête à la triste réalité pour les Français de Londres, habitués à l'institution du jour chômé, et qui aujourd'hui, comme tous les Londoniens... travaillent.

Ah compatriotes expatriés, unissons-nous dans la douleur, pendant que notre pays est à feu et à sang (même pas!), et que nous, indolemment, nous nous penchons sur nos papiers et nos claviers, dans le calme le plus insupportable.

oui il est vrai, quelques hippies de la 1ère heure défilent à deux rues de là, pour les traditionnelles marches anti-capitalistes de MayDay, mais les jeunes gens de bonne volonté sont de l'autre côté de la Manche....

puisque je suis ici et pas là-bas, il faut s'y faire...
c'est mon choix, et à part les jours où je me sens expatriée comme aujourd'hui, j'en suis très satisfaite.

Chers français, chères françaises, si vous voulez reconstruire une identité nationale, et rendre à la France ce que Le Pen lui a spolié, venez vous perdre.
loin de la patrie et des mauvaises habitudes, on retrouve au fond du creuset les vraies valeurs.

c'est con à dire, mais je n'ai compris ce qu'être française voulait dire que depuis que j'ai quitté la France.
en me confrontant à l'image que le pays d'accueil me renvoyait, en comparant nos langues, nos cultures, nos différences, je me suis forgé une identité nationale.
et je me retrouve avec un plaisir tout nouveau à pouffer comme une gamine avec d'autres Français à qui je n'aurais autrement jamais adressé la parole, à me moquer du ton péremptoire de la grosse jeune fille du consulat, qui nous fait nous asseoir comme des écoliers pour remplir les formulaires de vote par procuration, et s'adresse à nous avec un débit de trois mots par minute.

"alors , surtout , vous ne remplissez rien et attendez que je vous ex pli que".
"ah, je vois que plusieurs d'entre vous écrivent..."
"non monsieur, si la mairie refuse votre procuration, vous ne viendrez pas vous plaindre..."
"maintenantilfautdeuxenveloppesàl'adressedelamairie - etdumandataireetdatezdu21avril"


("dis, c'est où kifautsigner?")



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